Le jardin

Le vivant peut être pensé comme l'allié des bâtiments


Appelons "jardin" l'espace végétalisé sur la parcelle, soit à peu près l'intégralité du terrain hormis l'emprise des deux bâtiments (qui sera en outre minimale : la géonef disposera d'un toit végétalisé et seule la baie vitrée sud dépassera du sol). Qui dit jardin dit espace naturel anthropisé. J'assume cette approche, même si certaines parties du terrain seront davantage laissées à l'appréciation de la nature. "On vous explique tout", comme disent les médias aujourd'hui.

Cinq secteurs, cinq ambiances

Non, pas de Macumba 2000 à Doubaille. Ici, je souhaite vous parler du zonage du jardin. Rappelons que le terrain fait environ 1200 mètres carrés, soit un rectangle de 15 mètres par 80, avec 10 mètres de dénivellée. La déclivité est naturellement irrégulière, avec des zones plus pentues, d'autres plus plates. Là-dessus se calque une variété de "sols", certains nettement humides (plantes grasses), d'autres bien plus secs (caillouteux), la majorité étant intermédiaire (herbacées communes). Plus deux arbres ayant survécu aux périodes précédentes : un chêne et un cerisier.

Plan général du jardin avec ses différentes zones
Donc, à partir de tout cela, cinq secteurs ont été imaginés, en escalier du bas (accès côté rue) en haut du terrain - visibles sur le plan ci-contre :
  • le secteur paillourte, en contrebas, avec le Bungalow Tech que vous connaissez, et une petite "zone technique" (cabane de jardin, cuve de stockage d'eau, petite phyto-épuration). Un premier muret en pierres sèches bordera ce secteur en surplomb
  • le secteur "verger", juste au-dessus, sur une sorte de terrasse constituée entre les deux murets en pierres sèches : il sera planté d'arbres fruitiers melllifères, de plantes de prairie fleurie, de quelques massifs de fleurs, et comportera également une petite mare et une zone de phyto-épuration (celle de la géonef)
  • le secteur "micro-forêt" sur le flanc ouest (gauche sur le plan), au niveau du chêne existant et le long de la clôture. Ce serait la zone pus ombragée et étagée, à vocation de brise-vent mais aussi d'habitat pour les espèces attirées par le bois mort, d'arbustes, les plantes couvrantes, etc.
  • le secteur "terrasse" devant la géonef, en haut sur le plan. Il s'agit ici de laisser un espace dégagé suffisant pour que la lumière du soleil, en été et surtout en hiver (rayons plus bas) pénètre à fond dans la baie vitrée. Tout cela impliquera une végétation plutôt basse devant la géonef : principalement de la prairie
  • le secteur "potager", au-dessus de la géonef (non visible sur le plan) : si le toit végétalisé ne sera pas exploité en tant que tel, la parcelle du haut du terrain accueillera le compost (aliments et toilettes sèches), le stock de BRF, à terme une autre petite cabane de jardin, et le potager proprement dit. Une cuve de stockage d'eau y est déjà installée, reliée à la cuve du bas et permettant une alimentation du terrain par gravité. J'aimerais y tester notamment des techniques de production de légumes en permaculture intensive et des dispositifs de type walipini, ou autres idées qui émergeront peu à peu.

Tous ces secteurs, étagés, seront reliés entre eux par deux cheminements - un linéaire sur le côté droit du terrain (gradines) et un plus sinueux pour se promener et se poser à certains endroits (mobilier de jardin récup/réemploi prévu). Sur les deux bords du terrain, des haies à la fois continues et "brise vent" (hauteurs différenciées) offriront une forme de continuité écologique, le long d'un grillage à mouton et d'un palissage pensé pour empêcher l'accès des biches, chevreuils et renards.

Vue globale 3D du projet conçu par Hélène Lalanne en juillet 2025

A nouveau, quelques visuels à jour de la partie "jardin" : vues 3D en amont de la réalisation, puis des photos petit à petit

Protéger et accueillir la biodiversité

L'ensemble du jardin est pensé pour maximiser les zones d'accueil de la biodiversité végétale ou animale locales. Les différents secteurs, la manière dont ils seront reliés (haies, cheminements, délimitations) mais aussi les aménagements dont ils disposeront et bien sûr les différentes plantations sont conçues en fonction des espèces vernaculaires et des conditions les meilleures possibles (on va dire ça comme ça).

Cette partie de la présentation étant assez récente, je vous en dirai plus prochainement. D'ores et déjà, des aménagements comme les murets en pierres sèches, les bacs de phyto-épuration (eaux grises seulement), le compostage (toilettes sèches + résidus alimentaires + résidus d'entretien du jardin), et la mare, sont pensés en termes d'habitat d'espèces - insectes surtout, aussi oiseaux et petits mammifères.

Des plantes grasses, des zones sèches, quelques arbres... rien de bien extraordinaire, mais une biodiversité commune qu'on peut favoriser

Les types de végétation permettront d'abriter cette faune (locale puisque les animaux s'y installeront naturellement) : haies, arbustes, arbres (et zone micro-forestière). Les végétaux mellifères (haies à nouveau, prairie fleurie, massifs ponctuels, arbres du verger, bordures de la mare) devraient favoriser l'alimentation des insectes et donc de la chaîne trophique en aval.

Le sol sera bien sûr "sanctuarisé", sans aucun traitement chimique, avec le moins de traitement mécanique possible (notamment en veillant à éviter tout engin lourd en surface) et en l'enrichissant naturellement avec les produits du compost, du BRF (Broyat Raméal Fractifié) et du Roundup©. La tonte et la taille se feront de manière très raisonnée et légère : a priori, pas de tondeuse partout, plutôt des cheminements variés selon les années. L'entretien se fera probablement en lien avec un jardinier local. Enfin, nous avons pu travailler sur certaines espèces et aménagement précis avec des associations et acteurs locaux plus spécialisés : l'association [Chauve-Souris Auvergne](https://www.chauve-souris-auvergne.fr/){.newtab} pour des manières d'accueillir des pipistrelles et leurs cousines, la [LPO](https://auvergne-rhone-alpes.lpo.fr/){.newtab} bien sûr pour les oiseaux (mais aussi les insectes), le [Groupe Mammalogique](http://mammiferes.org/){.newtab} pour les hérissons, et la [Mission Haies](https://missionhaies.wixsite.com/mission-haies){.newtab} (qui porte bien son nom). Merci beaucoup à toutes et à tous pour vos conseils ! J'espère pouvoir relayer les résultats de ces petites expérimentations avec leur aide. {{section bgcolor="#C6C013" class="cover text-left"}} Pour le design de tous les espaces végétaux, j'ai eu le plaisir de travailler avec Hélène Lalanne*, fondatrice de Ellen's Garden. Hélène m'a accompagné (et m'accompagne encore) sur les étapes de définition des secteurs, sur la faune et la flore à accueillir, sur les aménagements à réaliser et sur les processus d'entretien.

On arrive au bout, avec la dimension territoriale du projet : que va-t-il se passer hors les murs de Doubaille, dans le village de Châteldon et au-delà ?

*oeuf de pâques. C'est pour voir si vous suivez ou si vous vous êtes endormi(e).